mercredi 8 avril 2026
Photovoltaïque : l’autoconsommation collective tourne à plein régime
Politique énergétique
L’autoconsommation collective (ACC) consiste à partager ou vendre localement une production d’électricité, le plus souvent issue de panneaux photovoltaïques. Les installations peuvent être portées par des acteurs publics ou privés, pour leur propre consommation, et des opérations mixtes intégrant des citoyens sont possibles. Un projet public peut s’étendre jusqu’à l’échelle de l’interco et la puissance cumulée peut atteindre 10 mégawatts dans certains cas.
Cette pratique, longtemps marginale, a connu un essor rapide : alors qu’Enedis recensait 77 opérations en 2021, elles étaient 1 625 fin 2025, soit une croissance de 133% entre 2024 et 2025.
Cet essor tient principalement à un assouplissement progressif du cadre réglementaire (allongement de la distance maximale entre producteurs et consommateurs, relèvement des plafonds de puissance), ce qui a facilité la mise en place d’opérations à plus grande échelle. L’effet direct pour les bénéficiaires se traduit par une baisse de facture : la part de consommation provenant de l’ACC n’est pas facturée.
Les collectivités peuvent soit consommer l’électricité produite, soit revendre le surplus à des consommateurs locaux ou le valoriser sur le marché. Pour la revente, le projet doit être porté par une personne morale organisatrice (PMO). Jusqu’à récemment, l’arrêté S21 (6 octobre 2021) garantissait des tarifs d’achat sur vingt ans, encourageant la revente. Mais en 2025, l’État a fortement réduit ces tarifs, rendant la revente moins attractive et obligeant à revoir le dimensionnement des projets.
En pratique, la modification du soutien impose aux porteurs de projets d’identifier des gisements de consommation stables pour absorber la production : en moyenne, l’ACC couvre 25% de la consommation électrique des collectivités. Les installations doivent donc être finement dimensionnées entre production et consommation.
Exemple concret : la communauté d’agglomération du Pays basque (CAPB) a raccordé une grosse station d’épuration (plus de 100 000 équivalents-habitants) à sa boucle d’autoconsommation. Ce type d’équipement, très énergivore et à consommation très régulière, est un candidat idéal : la centrale ne couvrira que 8% de la consommation du site, mais 100% de l’électricité produite y seront valorisés — un choix stratégique.
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