mercredi 8 avril 2026
Biomasse, solaire... Le match de la chaleur décarbonée dans l'agroalimentaire
Énergie solaire
L’agroalimentaire figure parmi les industries les plus gourmandes en chaleur, et de nombreuses technologies émergent pour la décarboner. L’article compare les avantages et limites des principales solutions afin d’y voir plus clair.
La biomasse reste la voie classique : facile à mettre en œuvre et compatible avec les procédés existants, elle est plébiscitée par des acteurs comme Lactalis. Le coût d’investissement est élevé (environ 900 000 € par MW installé) mais le combustible peut rester compétitif. En revanche, la biomasse pose des problèmes de particules fines, de disponibilité de ressource (forêts sous tension avec le changement climatique) et n’est pas idéale pour générer de hautes pressions.
Le solaire thermique couvre bien les besoins en eau chaude à moyenne et basse températures (jusqu’à 100 °C) et peut être économique si bien dimensionné. Ses limites : intermittence, Capex élevé et forte emprise foncière ; le coût du MWh peut varier fortement (de ~40 € à 230 € selon la taille et l’ensoleillement). Il convient surtout aux usages de basse température comme la pasteurisation.
Le solaire à concentration vise les plages de température intermédiaires (100–400 °C), utiles pour la stérilisation ou la déshydratation. Après subventions, des estimations annoncent un coût de chaleur autour de 40–55 € / MWh, mais la technologie dépend fortement de l’ensoleillement et reste peu déployée en France sauf dans le Sud ; l’investissement reste élevé.
Parmi les autres pistes, les pompes à chaleur (PAC) sont sous-exploitées alors qu’elles offrent une solution efficace jusqu’à 100 °C (et potentiellement 150 °C avec source chaude adaptée). Elles tirent parti des récupérations de chaleur sur site et deviennent économiquement viables avec des tarifs d’électricité autour de 80 € / MWh, mais les PAC pour les besoins de très haute température (séchoirs à ~150 °C) sont encore principalement au stade de prototype.
La géothermie profonde fournit des MWh compétitifs là où elle est localement exploitable, mais exige des Capex importants et un horizon temporel long pour les études et forages. Le biométhane, quant à lui, est une option territoriale en développement : le coût du MWh est estimé aujourd’hui entre 100 et 130 €, avec un potentiel d’alternative au gaz à long terme lorsque les infrastructures seront amorties.
Bilan : il n’existe pas de solution unique. Le choix dépend avant tout du niveau de température requis, de la régularité des besoins, de la localisation (ensoleillement, ressource géothermique, accès à la biomasse) et du Capex disponible. Pour des très hautes températures et une disponibilité immédiate, la biomasse reste souvent privilégiée ; pour des usages à basse et moyenne température, les PAC et le solaire bien calibré peuvent être plus adaptés.
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