jeudi 12 mars 2026
Stratégie énergétique de la France : «pour la première fois, nos intérêts industriels, climatiques et géopolitiques correspondent à ceux du consommateur», explique Sébastien Lecornu
Politique énergétique
Le gouvernement français a présenté la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui définit la stratégie énergétique du pays jusqu’en 2035. Portée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, cette feuille de route vise à répondre à un double enjeu : réduire la dépendance énergétique de la France aux importations de pétrole et de gaz, et accélérer la transition vers une énergie décarbonée.
L’objectif principal est d’augmenter la part d’énergies décarbonées dans la consommation totale, passant de 42 % en 2023 à 60 % en 2030. Cette transformation repose en grande partie sur une électrification accrue des usages, avec une hausse de la part de l’électricité dans la consommation finale (de 27 % à 34 %). En complément, le plan prévoit le développement des réseaux de chaleur renouvelables, du biogaz et de la géothermie.
Un pilier central de la PPE3 est la relance du nucléaire, avec la construction de 6 à 14 réacteurs EPR2 et une augmentation de la production d’électricité nucléaire. Cette orientation marque un tournant par rapport à la stratégie السابقة, en abandonnant l’objectif de réduction du nucléaire. Toutefois, le gouvernement insiste sur le fait que le nucléaire ne pourra pas couvrir 100 % des besoins, ce qui rend indispensable le maintien d’un mix énergétique diversifié.
Les énergies renouvelables restent donc essentielles, même si leurs objectifs ont été revus légèrement à la baisse. Le solaire continue de progresser fortement, tandis que l’éolien terrestre est davantage orienté vers la modernisation des installations existantes (repowering), en raison de contraintes locales. L’éolien en mer voit également ses ambitions ajustées et certains projets reportés.
Enfin, la stratégie met fortement l’accent sur l’électrification de secteurs clés comme le bâtiment, les transports, l’industrie et le numérique. Des mesures concrètes sont à l’étude, notamment pour soutenir le déploiement des pompes à chaleur et encourager des solutions énergétiques innovantes. L’ensemble vise à aligner les objectifs climatiques, économiques et géopolitiques, tout en maîtrisant le coût de l’énergie pour les consommateurs.
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